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Sclérose en plaques et dépendance : aides et droits

Sclérose en plaques et dépendance : découvrez les aides disponibles, vos droits et les solutions pour financer votre prise en charge en France.

Sclérose en plaques et dépendance : aides, droits et solutions de financement

La sclérose en plaques (SEP) touche environ 110 000 personnes en France, ce qui en fait la première cause de handicap sévère non traumatique chez l’adulte jeune. Si la maladie évolue différemment selon chaque individu, une partie des patients développe avec le temps une perte d’autonomie significative, pouvant les placer en situation de dépendance partielle ou totale. Face à cette réalité, il est essentiel de connaître les dispositifs d’aide existants, les droits auxquels vous pouvez prétendre et les solutions d’assurance pour anticiper sereinement l’avenir.


Ce que la sclérose en plaques peut provoquer en termes de dépendance

La SEP est une maladie neurologique chronique qui altère progressivement la myéline, la gaine protectrice des fibres nerveuses. Ses manifestations sont extrêmement variables : troubles de la marche, fatigue invalidante, troubles cognitifs, spasticité, douleurs chroniques ou encore troubles visuels.

Dans sa forme progressive secondaire ou primaire, la SEP peut conduire à une dépendance lourde nécessitant une aide quotidienne pour les actes essentiels de la vie : se lever, se laver, s’habiller, se nourrir. Selon la grille AGGIR utilisée pour évaluer le niveau d’autonomie, les personnes atteintes de SEP sévère peuvent être classées en GIR 1 à GIR 3, ce qui ouvre droit à des aides financières importantes.

Il est important de noter que la SEP peut survenir dès la trentaine ou la quarantaine, bien avant l’âge habituel de la dépendance liée au vieillissement. Cela implique des démarches administratives spécifiques, notamment via la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), en complément ou à la place des dispositifs classiques pour les seniors.


MDPH ou APA : quel dispositif selon votre âge ?

La prise en charge de la dépendance liée à la SEP repose sur deux circuits distincts selon l’âge de la personne :

Avant 60 ans : la MDPH est votre interlocuteur principal

Si vous êtes atteint de SEP et que vous avez moins de 60 ans, c’est la MDPH qui instruit vos demandes d’aide. Vous pouvez bénéficier :

  • de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), qui finance des aides humaines, techniques (fauteuil roulant, aménagement du domicile) ou animalières ;
  • d’une Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH) pour maintenir votre activité professionnelle ;
  • d’une Allocation Adulte Handicapé (AAH) si vos ressources et votre taux d’incapacité le justifient (taux ≥ 80 % en règle générale).

Le montant maximum de la PCH pour les aides humaines est de 1 807,54 € par mois (tarif 2024), ce qui peut couvrir une partie significative du coût d’un auxiliaire de vie.

Après 60 ans : l’APA prend le relais

Passé 60 ans, si votre niveau de dépendance est évalué en GIR 1 à GIR 4, vous pouvez prétendre à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). Celle-ci est versée par le Conseil Départemental et finance un plan d’aide personnalisé, que vous souhaitiez rester à domicile ou intégrer un établissement comme un EHPAD.

Attention : vous pouvez choisir de rester sous le régime de la PCH après 60 ans si ce dispositif vous est plus favorable, sous certaines conditions.


Maintien à domicile avec la SEP : quelles solutions concrètes ?

Dans la majorité des cas, les personnes atteintes de SEP souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible. Plusieurs dispositifs peuvent faciliter ce maintien à domicile :

  • Les services d’aide à domicile (SAAD) : ils interviennent pour l’aide aux actes du quotidien et peuvent être financés via la PCH ou l’APA.
  • Les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) : pris en charge par l’Assurance Maladie, ils assurent les soins techniques et relationnels à domicile.
  • L’aménagement du logement : la PCH prend en charge jusqu’à 10 000 € sur 10 ans pour adapter votre domicile (douche à l’italienne, rampes, élévateur, etc.). L’ANAH propose également des subventions complémentaires.
  • Les aides techniques : fauteuil roulant, déambulateur, lit médicalisé — financés partiellement ou totalement selon les situations.

L’entourage joue également un rôle crucial. Les aidants familiaux bénéficient de droits spécifiques : congé proche aidant, indemnisation, formations, et possibilité de recourir à des solutions de répit (accueil de jour, hébergement temporaire).


L’assurance dépendance face à la SEP : ce qu’il faut savoir

Souscrire une assurance dépendance lorsque l’on est atteint de SEP soulève des questions spécifiques.

La SEP, une maladie préexistante à déclarer

Lors de la souscription d’un contrat dépendance, vous devez répondre à un questionnaire médical. La SEP, en tant que maladie chronique diagnostiquée, constitue une antécédent médical qui doit obligatoirement être déclaré. En fonction de l’assureur et du stade de la maladie, cela peut entraîner :

  • une surprime (cotisation majorée) ;
  • une exclusion de garantie spécifique liée à la SEP ;
  • un refus de souscription dans les cas les plus sévères.

Souscrire tôt, une stratégie payante

C’est précisément pourquoi il est fortement conseillé de souscrire une assurance dépendance avant tout diagnostic ou avant l’aggravation de la maladie. Les personnes qui contractent une SEP avant d’avoir souscrit un contrat se retrouvent souvent avec peu d’options sur le marché privé.

Le label GAD comme garantie de qualité

Pour les personnes qui peuvent encore souscrire, le label GAD (Garantie Autonomie Dépendance), délivré par le Centre Technique des Institutions de Prévoyance (CTIP) et la Fédération Française de l’Assurance, constitue un repère de qualité. Il garantit notamment le versement d’une rente viagère en cas de dépendance totale (GIR 1-2), avec une révision annuelle liée à l’inflation.

Les contrats collectifs, une voie alternative

Si vous êtes salarié, certains contrats collectifs d’entreprise incluent une garantie dépendance avec des formalités médicales simplifiées, voire inexistantes. C’est une opportunité à ne pas négliger, même en cas de SEP diagnostiquée.


Les associations et ressources pour vous accompagner

Face à la complexité administrative, plusieurs structures peuvent vous aider :

  • LFSEP (Ligue Française contre la Sclérose En Plaques) : information, soutien et orientation vers les aides locales.
  • ARSEP (Fondation pour l’aide à la recherche sur la SEP) : ressources scientifiques et sociales.
  • L’assistante sociale de votre neurologue ou de votre centre de référence SEP : un soutien précieux pour constituer vos dossiers MDPH ou APA.
  • Les Points d’Information Locaux pour l’Autonomie (PILA) et les CLIC (Centres Locaux d’Information et de Coordination) : accompagnement gratuit pour les personnes âgées dépendantes.

Conclusion

La sclérose en plaques impose de penser la dépendance dès le diagnostic, souvent bien avant l’âge auquel on envisage habituellement la perte d’autonomie. Maîtriser les dispositifs disponibles — PCH, APA, aides au maintien à domicile, assurance dépendance — vous permet d’anticiper sereinement et de préserver votre qualité de vie. N’attendez pas que la situation devienne urgente : plus vous agissez tôt, plus vous disposez d’options. N’hésitez pas à consulter un conseiller spécialisé en prévoyance dépendance pour faire le point sur votre situation et explorer les solutions adaptées à votre profil.


FAQ : sclérose en plaques et dépendance

Peut-on obtenir l’APA si on a moins de 60 ans avec une SEP sévère ? Non. L’APA est réservée aux personnes de 60 ans et plus. Avant cet âge, c’est la PCH versée par la MDPH qui prend en charge les besoins liés à la perte d’autonomie causée par la SEP.

Mon assurance dépendance peut-elle refuser de me couvrir si ma SEP s’aggrave après la souscription ? Non. Une fois le contrat souscrit et la période de carence écoulée, l’assureur ne peut pas résilier votre contrat en raison de l’aggravation de votre état de santé. C’est l’un des avantages majeurs de souscrire tôt.

La PCH et l’APA sont-elles cumulables avec d’autres aides ? Pas entre elles : on ne peut pas recevoir à la fois la PCH et l’APA pour le même type de besoin. En revanche, ces prestations peuvent se cumuler avec d’autres aides comme les aides de la CAF, les aides fiscales (crédit d’impôt pour emploi à domicile) ou les prestations d’une assurance dépendance privée.

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