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Congé de proche aidant : conditions, durée et indemnisation

Découvrez tout sur le congé de proche aidant : qui peut en bénéficier, quelle durée, quelle indemnisation et comment le demander à votre employeur.

Congé de proche aidant : conditions, durée et indemnisation

En France, près de 11 millions de personnes accompagnent au quotidien un proche en situation de handicap, de maladie grave ou de perte d’autonomie liée à l’âge. Cette réalité, longtemps invisible, a conduit le législateur à créer un dispositif dédié : le congé de proche aidant. Instauré par la loi du 28 décembre 2015 et renforcé depuis, ce congé permet à un salarié de suspendre temporairement son activité professionnelle pour s’occuper d’un membre de sa famille dépendant. Mais quelles sont exactement les conditions pour en bénéficier ? Combien de temps dure-t-il ? Et surtout, est-il rémunéré ? Voici tout ce que vous devez savoir.


Qui peut bénéficier du congé de proche aidant ?

Tout salarié du secteur privé peut prétendre au congé de proche aidant, sans condition d’ancienneté depuis le 1er janvier 2020. Les agents de la fonction publique bénéficient également d’un dispositif équivalent.

Pour y avoir droit, vous devez accompagner une personne présentant un handicap ou une perte d’autonomie d’une particulière gravité. Cette personne peut être :

  • votre conjoint(e), concubin(e) ou partenaire de PACS ;
  • votre ascendant (parent, grand-parent) ou descendant (enfant, petit-enfant) ;
  • un enfant dont vous assumez la charge ;
  • un collatéral jusqu’au 4e degré (frère, sœur, neveu, nièce, cousin…) ;
  • une personne âgée ou handicapée avec qui vous résidez ou avec qui vous entretenez des liens étroits et stables.

La personne aidée doit remplir l’une des conditions suivantes : bénéficier de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), être titulaire d’une carte mobilité inclusion mention « invalidité », ou présenter un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %.


Quelle est la durée du congé de proche aidant ?

Le congé de proche aidant est d’une durée maximale de 3 mois, renouvelable. La durée totale ne peut toutefois pas dépasser 1 an sur l’ensemble de la carrière du salarié, quel que soit le nombre de bénéficiaires accompagnés.

Ce congé peut être pris de trois façons différentes :

  • En continu : le salarié suspend totalement son activité pour une période définie ;
  • De manière fractionnée : par journées ou demi-journées ;
  • Sous forme de temps partiel : en accord avec l’employeur.

Cette flexibilité est essentielle, car les besoins des aidants varient considérablement selon les situations. Un parent accompagnant un enfant sévèrement handicapé n’aura pas les mêmes contraintes qu’un salarié gérant l’entrée en EHPAD d’un parent âgé.

Pour mettre en place le congé, vous devez informer votre employeur au moins 1 mois avant le début du congé, ou 15 jours à l’avance en cas de renouvellement. En cas d’urgence avérée (dégradation soudaine de l’état de santé du proche, situation de crise…), ce délai peut être réduit.


L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) : combien touchez-vous ?

Depuis le 30 septembre 2020, le congé de proche aidant ouvre droit à une indemnisation versée par la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) ou la MSA pour les travailleurs agricoles : c’est l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA).

En 2025, le montant de l’AJPA est de :

  • 64,54 € par jour pour une personne vivant en couple ;
  • 75,30 € par jour pour une personne seule.

Cette allocation est versée pour un maximum de 22 jours par mois, dans la limite de 66 jours sur l’ensemble de la vie du bénéficiaire (et non par proche aidé). Autrement dit, si vous avez déjà utilisé 30 jours d’AJPA pour accompagner un parent, il vous restera 36 jours pour un autre proche.

L’AJPA est imposable et soumise à la CSG/CRDS. Elle est cumulable avec certains revenus d’activité en cas de temps partiel, mais les règles de cumul méritent d’être vérifiées auprès de votre CAF.

Pour en bénéficier, la démarche est simple : vous devez déposer une demande en ligne sur le site de votre CAF, en joignant notamment une attestation de votre employeur confirmant le congé, ainsi que les justificatifs relatifs à la situation de la personne aidée.


Quelles protections sociales pendant le congé ?

Durant le congé de proche aidant, votre contrat de travail est suspendu mais non rompu. Vous conservez donc vos droits acquis et votre ancienneté continue de s’accumuler.

Sur le plan de la protection sociale, plusieurs points méritent votre attention :

  • Assurance maladie : vous continuez à bénéficier du remboursement des soins via le mécanisme du maintien de droits.
  • Retraite : les périodes d’AJPA sont prises en compte pour la retraite de base, grâce à la validation de trimestres dans certaines conditions. Des points de retraite complémentaire peuvent également être attribués.
  • Assurance chômage : la période de congé est assimilée à du travail effectif pour le calcul des droits à l’allocation chômage.

En revanche, si votre employeur prévoit une couverture complémentaire santé ou prévoyance, vérifiez dans votre contrat collectif si la suspension d’activité maintient ou interrompt ces garanties. Dans certains cas, il est judicieux de souscrire à titre individuel une assurance dépendance pour vous protéger vous-même pendant cette période où vos revenus sont réduits.


Comment bien préparer son congé de proche aidant ?

Prend la décision de recourir au congé de proche aidant ne s’improvise pas. Voici quelques étapes clés pour anticiper sereinement :

  1. Évaluez la situation de votre proche : faites établir (ou vérifiez) son niveau de dépendance via la grille AGGIR, en lien avec le médecin traitant ou l’équipe médico-sociale du Conseil Départemental. Cela conditionnera l’éligibilité à l’APA et, par ricochet, votre accès au congé.

  2. Informez-vous sur vos droits conventionnels : certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient des conditions plus favorables que la loi (durée allongée, maintien partiel de salaire…). Renseignez-vous auprès de votre service RH ou de vos représentants du personnel.

  3. Anticipez le volet financier : l’AJPA ne remplace pas intégralement un salaire. Si votre proche bénéficie d’une assurance dépendance, les rentes perçues peuvent alléger la charge financière globale et vous permettre de vous consacrer à l’accompagnement sans trop sacrifier votre budget.

  4. Pensez à votre propre avenir : être aidant expose à un risque d’épuisement et peut fragiliser votre propre trajectoire professionnelle et financière. C’est souvent le moment où les aidants prennent conscience de l’importance de souscrire eux-mêmes une couverture dépendance pour ne pas peser sur leurs propres enfants demain.


Conclusion

Le congé de proche aidant est un dispositif précieux, mais encore trop méconnu. Il offre une vraie respiration à des millions de salariés qui jonglent entre vie professionnelle et accompagnement d’un proche en perte d’autonomie. L’AJPA, même si elle ne compense pas totalement la perte de revenus, représente une avancée sociale significative.

Si vous êtes dans cette situation, n’attendez pas d’être débordé(e) pour vous renseigner. Et si vous souhaitez évaluer l’impact financier de la dépendance sur votre foyer — qu’il s’agisse de votre proche ou de vous-même à terme — comparer les contrats d’assurance dépendance disponibles peut vous apporter des réponses concrètes et des solutions adaptées à votre profil.


FAQ

Le congé de proche aidant est-il de droit, ou l’employeur peut-il le refuser ? Oui, il est de droit pour tout salarié remplissant les conditions légales. L’employeur ne peut pas s’y opposer, même si le préavis doit être respecté (1 mois en règle générale).

Peut-on cumuler le congé de proche aidant avec d’autres congés ? Non, le congé de proche aidant ne peut pas être cumulé simultanément avec un congé parental d’éducation, un congé de présence parentale ou un congé de solidarité familiale. En revanche, il peut se succéder à l’un de ces congés.

Que se passe-t-il si mon proche décède pendant mon congé ? Le congé prend fin dans un délai de 1 à 3 jours (selon les dispositions de votre convention collective) après le décès du proche aidé. L’AJPA est versée jusqu’à la date de fin effective du congé.

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